Administration moderne
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Les classiques du féminisme

Eliane Viennot nous offre une trilogie sur l'histoire des femmes et du pouvoir en France, de l'invention de la loi salique à l'avènement d'une modernité masculine, en passant par les résistances de la société. Trois volumes passionnants, parus successivement en 2006, 2008 et 2016, à découvrir sur le site de cette universitaire spécialisée dans l'histoire des femmes et du féminisme.

Eliane Viennot, La France, les femmes et le pouvoir  Paris, Perrin.

 

L'invention de la loi salique, 5e-16e s. (2006)

Les résistances de la société, 17e-18e s. (2008)

Et la modernité fut masculine, 1789-1804  (2016)

 

La présentation par l'autrice est ici sur son site dédié

Les femmes sous la Révolution : elles envahissent les rues, créent des clubs, assistent aux assemblées, revendiquent aux côtés des hommes le suffrage universel et le divorce, se mettent sous les armes pour repousser l’ennemi. Portraits des tricoteuses, d’Olympe de Gouges, de Théroigne de Méricourt, de Mme Roland… et de leur échec collectif.

 

Elles montèrent nombreuses à l’échafaud, mais se virent aussi écartées des votes et de l’éligibilité, interdites à partir de 1793 de s’attrouper à plus de cinq, de créer des clubs ou même d’entrer dans ceux des hommes… avant que la chappe de plomb ne retombe plus lourdement encore avec le Code civil napoléonien… ce collectif sous la direction d’Evelyne Morin-Rotureau, par une série d’articles de chercheurs et chercheuses, permet de comprendre cette période clé.

Combats de femmes 1789-1799. La Révolution exclut les citoyennes, sous la direction d’Evelyne Morin-Rotureau, Éditions Autrement, 2003.

Autrice de cette notice d'ouvrage : M.-H. Dumeste.

Deux hommes et une femme ont pris la plume pour retracer cette période particulière, qui va de l’espoir, vite déçu, des citoyennes durant la Révolution, à l’échec de leurs revendications politiques au lendemain de la Première Guerre mondiale. Cent trente années de lutte avec des avancées et des reculs pour l’accès aux droits civils et politiques. L’ouvrage vaut aussi par des chapitres consacrés à la condition féminine dans toutes les classes sociales, et des portraits de militantes connues ou méconnues. Les illustrations sont très précieuses et diverses : presse, photographies, gravures, cartes postales…

 

 
Le chapitre IV, en particulier, « 1871-1914, l’évolution de la condition féminine, évoque, outre le « suffragisme » des débuts de la IIIe République, les multiples métiers qu’occupaient les femmes, leurs révoltes, leurs grèves même… Femmes de la mer, femmes de la campagne, femmes des ateliers et des usines, syndicalisme et mouvements sociaux (contre l’emploi des femmes, ou au contraire, de leur part pour revendiquer un salaire égal), l’essor de l’enseignement féminin. Enfin, l’administration publique.
 
Les Postes s’ouvrent avec les standardistes, les préposées aux mandats. Pas de femmes devant la clientèle : trop fragiles, trop nerveuses ! Suivent les emplois de dactylographes : les femmes grâce à la finesse de leurs doigts remplacent avantageusement, et elles coûtent bien moins cher, les ronds-de-cuir dont se moquait Balzac. Arrivent les institutrices : dès 1911, elles sont plus nombreuses que les « hussards de la République ». Les infirmières prennent la suite des congrégations religieuses accueillant les malades dans les hôpitaux. On les appelle des « saintes laïques ». Dans le commerce, les « demoiselles de magasin » accueillent les clientes. Quelques métiers d’hommes s’ouvrent : cocher (on les appelle « les cochettes »), taxis, banques, assurances pour les bas échelons.

 

La longue marche des femmes. Des citoyennes aux suffragistes, 1789-1920.

Editions Phoebus, 2008, par Annelise Carbonnier, Jean Michel Lecat, Michel Toulet, P

Autrice de cette notice d'ouvrage : M.-H. Dumeste

Créée en 1998 et forte de 150 membres, Administration Moderne est l'association interministérielle des femmes hautes fonctionnaires. Ce réseau professionnel transversal, qui inclut les hommes en tant que membres associés, agit également comme un « laboratoire d'idées » ancré dans l'action, dans la mesure où l'association est force de propositions pour les décideurs publics nationaux, en matière de modernisation de l'action publique, d'apport de la mixité et de promotion de la place des femmes dans la décision publique.
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